Être avec l’autre, ou faire pour lui ?
Là où je me questionne

Vous laisserez quelqu’un poser l’acte qui vous donnera vie
Vous laisserez quelqu’un décider du moment de votre mort
Vous laisserez quelqu’un poser les mains sur vous, vous faire un soin qui enlèvera la douleur juste là, le temps d’un soi
Vous laisserez quelqu’un intervenir dans le courant de votre vie pour remettre de l’ordre, pour faire que votre énergie, votre âme, votre être, ce que vous vivez puisse s’en aller
Vous laisserez quelqu’un faire pour vous
Vous laisserez quelqu’un décider pour vous
Quelle difficulté, quelle conscience cela demande, quelle vigilance, de laisser quelqu’un nous accompagner, nous soutenir, poser juste la main dans le dos, juste être là, avec l’autre, sans intervenir.
Quelle difficulté, quelle délicatesse, autant pour celui qui est accompagné que pour celui qui accompagne
Je suis en train de faire quelque chose pour vous
Je ne suis pas en train d’être ensemble avec vous, juste avec vous
J’interviens, j’initie, j’invite, je propose
Toutes ces injonctions silencieuses face à un patient, dans un accompagnement
Quelle vigilance cela demande, de juste être dans une juste présence, qui est là, où la personne vient chercher, où la personne vient puiser, où la personne se révèle, grâce à la présence de l’autre
Aujourd’hui, je me questionne
Si, dans ma pratique, dans les accompagnements, il n’y a pas une part de moi, même indicible, même subtile, même délicate, qui intervient.
Sommes-nous toujours neutres ?
Tentons-nous, sous de bons prétextes, de nous dire que non, non, j’ai juste été là, j’ai juste été présente
Est-ce vraiment vrai ?
Je me questionne et je continue à me questionner dans une vigilance que nous avons tous un impact sur l’autre, aussi indicible qu’il soit, même si nous n’avons pas l’intention de faire quelque chose
Notre simple présence est impactante
Alors soyons vigilants, ayons la vigilance de nettoyer, de juste être là, tel un arbre, tel le vent, tel le soleil, qui n’a d’autre attention que d’exister, que d’être présent, que d’être soi, sans aucune intention de faire quoi que ce soit, ni de porter atteinte
Alors soyons vigilants : quand quelqu’un vient nous voir, est-ce que son intention est de se laisser faire, de se laisser bien traiter ?
Soyons vigilants, car sous les meilleures intentions du monde, nous pouvons avoir un impact sur l’autre
La question n’est pas d’arrêter de faire ce que nous faisons
C’est peut-être d’être qui nous sommes, juste là, et que ça n’est pas à nous de décider.
Comme avec un chat
Quand nous sommes qui nous sommes et que le chat vient vers nous, qu’il se frotte contre nous, est-ce que nous devons le caresser ou juste être là afin d’accueillir son élan de vie, afin d’accueillir qu’il vient à nous ?
Je ne sais pas
Je n’ai pas de réponse
Et tant mieux
Je me questionne
Si ce questionnement résonne en vous, que vous soyez un professionnel de la relation d’aide ou une institution, je vous invite à me contacter pour ouvrir un espace de réflexion autour de votre pratique, de vos accompagnements ou de ce qui se joue dans les relations au sein de vos équipes.



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