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Tendre Vers



Peut-être que notre vie, notre chemin, est de tenter de s'approcher d'un centre de nous-mêmes, entre moi et l'autre, entre nos différents états intérieurs. Peut-être n'y a-t-il aucun objectif à atteindre, si ce n'est celui de tendre vers soi, vers l'autre, vers le plus grand que soi.


Peut-être que le chemin est simplement de continuer à tendre vers… Et heureusement que nous ne l'atteignons jamais, car le chemin serait terminé. Il n'y aurait plus de champ des possibles relationnels.


Alors le chemin est peut-être de garder le cap du centre : dans son cœur, dans son corps, entre ses yeux, dans cet entre-deux qui nous habite, afin d'assouplir le muscle de la relation et de s'en approcher, juste assez pour ne pas s'envahir, ne pas envahir l'espace, comme une main tendue vers l'autre qui laisse ressentir, dans la tension de son bras, le désir infaillible de la rencontre.


La tension, l'attention portée à ce moment de l'élan, à ce « vers », est magnifique à voir, à sentir, lorsque le corps danse et que le geste appelle l'invisible. Il est animé par un mouvement intérieur et se perd dans le regard de l'autre sans jamais s'interrompre.


Alors, s'offrir l'expérience corporelle et sensorielle d'un geste qui se tend, sans attendre, sans chercher à rejoindre, mais simplement porté par le désir de s'étirer, de s'ouvrir, puis de revenir à soi, en soi, et recommencer. Au rythme des saisons de notre âme, des expirations et des inspirations.


Se réjouir de ce partage avec l'autre, pour co-créer et célébrer nos danses intérieures. Des danses qui ne cherchent ni à posséder, ni à atteindre, mais à honorer le mouvement de la vie. Tendre vers, revenir à soi, repartir vers l'autre, encore et encore. Comme le souffle. Comme les saisons. Comme la marée.


Et peut-être que là réside la véritable rencontre : dans cet espace vivant où rien n'est jamais achevé, où le geste demeure ouvert, où le cœur continue de s'étirer vers l'inconnu. Non pour atteindre, mais pour habiter pleinement le mouvement. 


Car c'est peut-être dans cet « entre » que naît la relation, que se révèle notre humanité et que se célèbre, sans fin, la danse de la vie.




 

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